Peu à peu on comprend, on a vécu, on aime, on oublie. On oublie le reste, on oublie le monde, on s'oublie soi. Il n'y a plus que l'autre qui compte, mais il est si fragile. Et ça fait mal de se sentir impuissant, inutile, de se sentir moins que rien. Moins que tout. On essaie, on croit un peu, puis ça retombe. C'est triste, mais c'est beau, c'est triste, mais il y a toujours l'espoir, au fond. Il y a toujours l'amour, d'abord. On protège, pas comme il faut. On aime trop, on n'aime pas de la bonne manière, on aime, mais de travers. On aime à travers tout ce qu'il existe et n'existe pas. Puis cet autre fait un choix. On ne dort plus, on ne mange plus. On reste pendant des heures à fixer le mur blanc. A fixer tout ce qu'on peut. On pense, on pleure. On repense. Plus rien n'a plus d'importance, puisqu'on ne veut plus être l'ignorante qu'on était. Et on ne peut pas oublier, c'est bien trop tard. On est égoïste, on fait croire que c'est pour le bien de l'autre. On aide, sans vraiment rendre heureux. On gâche, on rate, on s'isole, on détruit. Tout. On salit la confiance. On pleure, encore. On regrette. Mais on ne peut s'empêcher d'être soulagé, quand même. On aime. Toujours. Encore. Plus fort, plus que jamais, plus que toujours. On espère sans savoir, on essaie de racheter nos erreurs, en vain.
Mais il souffre, et je souffre avec lui ?
Bien a vous , Anastasia T.