Au poison du mal je me laisse guider, à la sensation de mort je laisse mon corps s'évader, oubliant toutes émotions sauf ...la haine. Je perds le contrôle, me déchaine, me déchire, j'hurle, je crie. Mais ça ne change rien, j'entends toujours ces rires, incessants, blessants, qui me percutent, qui me suivent. Ils me suivent car il me suit, le diable, je suis sûr, il se trouve encore derrière moi, à tracer mes pas. Je sens son odeur, l'amertume, le regret, c'est ce qu'il inspire, ce qu'il dégage de lui même, et je le respire. Ces sentiments viennent posséder mon corps, s'introduisant avec force dans mon sang, se laissant glisser dans mes veines, dans mon c½ur. Peu importe, je ne ressens plus, cette rage fait de moi quelqu'un d'autre, un inconnu, un sauvage sorti de l'asile. J'entends, je l'entends, cette musique, frapper mes tympans, déchirer mes neurones, crispant mes doigts sur mon visage, voulant me l'arracher, voulant changer d'être. Je me hais, je me déteste, je le souffle à travers mes lèvres .. Il est encore là, derrière moi, il m'ôte mes souhaits, il m'ôte l'avenir, je ne réagis plus à mes sens, ce n'est plus moi. Et à bout de souffle j'expire, je parle .. je .. je me tais. Je sais que tout cela ne sert à rien, puisque il est plus fort que moi, car je ne suis qu'un faible. Je perds l'équilibre, je vacille, je tombe, je m'écroule, dans cette rue déserte que la ville laisse pour perdue. Je le suis aussi, perdu, au milieu de cette souffrance vivante qui extirpe un à un mes organes, qui dévore mon c½ur pour me laisser pourrir sur le trottoir encore mouillé par la pluie. Je quitte ce monde, sans la rage, elle s'est envolée avec la brise du vent ..
Et par ce même vent, il portera mes derniers mots : Je t'aime.