Je marche à travers les rues sombres de la ville, errant comme une âme en peine.
Mais après tout, n'en suis-je pas une?
Je m'allume une troisième cigarette, réfléchissant une fois de plus à ce chaos qu'est ma vie. Le problème, c'est moi. J'ai tout gâché, encore. Oui car l'amour, oui l'amour, ce doux mot qui inspire à certains tant de choses romantiques et belles, n'est autre qu'un cercle vicieux à mes yeux. Rencontrer, s'attacher, aimer, sourire, tomber, pleurer, rencontrer quelqu'un d'autre, s'attacher encore, aimer et sourire de nouveau. Tomber une fois de plus et pleurer pathétiquement. Mais tout cela était désormais fini, je le croyais, je voulais y croire. J'attendais désespérément quelqu'un de différent en Lui, ce Lui qui avait transformé mon c½ur de pierre en un océan d'étoiles, mais mes doutes et mes craintes des expériences passées ont refait surface, comme elles le font toujours.
Je m'arrête un instant, contemplant l'océan paisible et calme dont l'immensité se dresse devant moi. J'inspire une dernière bouffée de fumée puis jette ma cigarette et continue d'avancer dans le sable maintenant, puis dans mes réflexions.
La source du problème est que je suis le genre de fille effacée, qui ne laisse jamais rien transparaitre. "Un mystère" comme ils disent. Le genre de fille dont vous ne pouvez décoder les pensées, et qui pleure secrètement la nuit, portant le masque d'une jeune fille forte et indifférente le jour.
Je suis comparable à une rose noire pleine d'épines que personne ne pourrait arracher, pleurant sur mon triste sort un soir d'été, seule. Je repense tout à coup aux paroles de cette chanson:
Ooh, Solitude, Still with me is only you.
Je m'allongeai sur le sable fin de la plage, tenant ma tête entre mes mains comme pour arrêter ce flot de pensées devenues trop encombrantes dans mon esprit. Puis je m'endormis, succombant aux rêves qui m'assaillirent instantanément, là où on ne pense plus, là où plus rien n'existe, là où plus rien n'a d'importance, laissant s'échapper nos espoirs les plus secrets.