Je t'écraserai une cigarette sur le coeur.

CÉLIBATAIRE - L'amour c'est une disquette .



A voir ..




Sur le chemin du retour, la pluie ne m'atteint pas. Elle martèle les pavés avec violence dans un bruit sourd. L'eau s'échappe des trottoirs par les bouches d'égoût : si seulement les souvenirs pouvaient s'évacuer si facilement. Les souvenirs tombent comme des briques sur le pavé de notre coeur, alourdissant le quotidien d'espoirs déchus et d'amertumes singulières. Cette tigresse s'est installée différemment en moi : elle a choisi de détruire la forteresse solide de mes souvenirs, en griffant l'intérieur de mon ventre suffisamment érinté et fragile. Ma respiration était entrecoupé de cris de jouissance, comme si la tristesse sortait de partout. Au lieu d'un gouffre infinissable au sein de mon esprit, l'infini lui-même avait planté ses étoiles dans mon espace.Moi, j'ai peur. J'ai encore peur, oui. Je vis dans la peur. J'arrive à peine à survivre. Alors pour exister. Va falloir y aller. Putain comme je voudrais sourire. A la vie. Aux gens. Sourire vraiment. Donner de la vie. J'en ai même plus en moi. J'entends seulement mon coeur qui bat incessamant. Dans un silence assourdissant. Dans un rythme. Sans rythme.La chaleur me manque. La chaleur d'un corps. Qui respire pour l'autre. Qui découvre. Sans faute. Et des doigts qui parcourent, qui s'effacent. Un sommeil avec des rêves. Des rêves de vie. De vie et de vices. S'abandonner à soi-même. Pouvoir se trouver et puis se perdre. Sans jamais s'arrêter. Pouvoir pleurer. Laisser couler mes larmes le long de mon corps. Qu'on me caresse la peau. Trop froide pour être vivante. Trop humaine pour être tentante.Et s'allonger seule. Pour encore s'abandonner. Et se faire trahir. Sans confiance. Et s'endormir sur le sol. Le sol qui s'enfuit sous les respirations. Sous les sursauts. Et le mal de tête. Qui s'installe. Qui prend tout l'être. Qui l'assomme de douleur. La douleur mentale. De ne pas savoir. De trop douter. De se mourir. Trop froide pour être vivante. Ne plus savoir être. S'embrouiller dans ses pensées.
Se noyer dans ses souvenirs.

S'encombrer de soi-même.

Se haïr.


Je t'écraserai une cigarette sur le coeur.

# Posté le vendredi 06 février 2009 12:45

Modifié le mercredi 01 juillet 2009 23:12

A "Toi".

A "Toi".
Je marche à travers les rues sombres de la ville, errant comme une âme en peine.

Mais après tout, n'en suis-je pas une?
Je m'allume une troisième cigarette, réfléchissant une fois de plus à ce chaos qu'est ma vie. Le problème, c'est moi. J'ai tout gâché, encore. Oui car l'amour, oui l'amour, ce doux mot qui inspire à certains tant de choses romantiques et belles, n'est autre qu'un cercle vicieux à mes yeux. Rencontrer, s'attacher, aimer, sourire, tomber, pleurer, rencontrer quelqu'un d'autre, s'attacher encore, aimer et sourire de nouveau. Tomber une fois de plus et pleurer pathétiquement. Mais tout cela était désormais fini, je le croyais, je voulais y croire. J'attendais désespérément quelqu'un de différent en Lui, ce Lui qui avait transformé mon c½ur de pierre en un océan d'étoiles, mais mes doutes et mes craintes des expériences passées ont refait surface, comme elles le font toujours.
Je m'arrête un instant, contemplant l'océan paisible et calme dont l'immensité se dresse devant moi. J'inspire une dernière bouffée de fumée puis jette ma cigarette et continue d'avancer dans le sable maintenant, puis dans mes réflexions.
La source du problème est que je suis le genre de fille effacée, qui ne laisse jamais rien transparaitre. "Un mystère" comme ils disent. Le genre de fille dont vous ne pouvez décoder les pensées, et qui pleure secrètement la nuit, portant le masque d'une jeune fille forte et indifférente le jour.
Je suis comparable à une rose noire pleine d'épines que personne ne pourrait arracher, pleurant sur mon triste sort un soir d'été, seule. Je repense tout à coup aux paroles de cette chanson:

Ooh, Solitude, Still with me is only you.

Je m'allongeai sur le sable fin de la plage, tenant ma tête entre mes mains comme pour arrêter ce flot de pensées devenues trop encombrantes dans mon esprit. Puis je m'endormis, succombant aux rêves qui m'assaillirent instantanément, là où on ne pense plus, là où plus rien n'existe, là où plus rien n'a d'importance, laissant s'échapper nos espoirs les plus secrets.



# Posté le mardi 30 décembre 2008 17:53

Modifié le mercredi 01 juillet 2009 23:12

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« T'es belle quand tu souris »

Je me mets à pleurer, tendant mon billet d'avion et mon passeport. L'hôtesse me regarde avec insistance, sans pour autant dire un mot. Moi je suis ailleurs, à cent mille lieues de tout ça.

« T'es belle tout le temps »

Et c'est le trou noir, tout d'un coup...
Le vide intersidéral, l'asphyxie sentimentale...

« Déjà du temps de mes amours vagues j'étais sourd au fracas de leurs écumes, et comme l'amour m'a toujours fait des blagues, j'dois être aveugle je présume... »

Tu t'en souviens ?

C'était 16h32...

# Posté le mercredi 24 décembre 2008 16:37

Modifié le mercredi 01 juillet 2009 23:13

Bientot mon corps sera le reflet de mon âme, cad completement vide.

Bientot mon corps sera le reflet de mon âme, cad completement vide.
Mon amour.

J'ai escaladé furtivement, et hâtivement, ce vestiblule d'une hypothétique liberté. J'ai regardé le ciel qui pleurait, et j'ai ouvert grand les yeux. Les gouttes parsemaient mon visage, effacant les traces d'un noir ayant trop coulé. J'ai souris, et d'un rire forcé et machinal, j'ai couru. Sentant mes cheveux blonds s'alourdir par l'eau les submergeant, devinant mes pieds nus s'enfoncer dans une boue molle, envoutante. Balançant les bras à mon rythme, tatonnant mon coeur s'accélérant. Oubliant la douleur de mes genoux écorchés, m'enfuyant à la dérobée. J'ai couru, sans savoir où j'allais, avec la seule et unique volonté d'avoir moi aussi, le droit d'exister.

# Posté le mardi 23 décembre 2008 07:39

Modifié le jeudi 02 juillet 2009 17:02

A "Nous".

A "Nous".
Ca a fait "crac" et puis "boom". Ca a retentit comme une explosion, comme celle que l'on avait avant dans les yeux et qu'on avait allumé de nos étincelles éclatantes, celles qui se sont éteintes à la lueur du vent. Trop de souvenirs qui s'entassent, des trous de mémoire qui s'amassent. J'ai toujours détesté l'effet sonore qu'émettais les bouilloires posées sur un feu. C'est affreux et pourtant quand notre histoire a trébuché, j'aurai aimé entendre ce bruit, une sorte de détection qui nous aurait averti de notre fin imminente ou alors entendre un bruit de minuterie ou d'horloge brisée . Je t'aurai laissé choisir le son du glas qui annonçait notre destruction déjà entamée. Je t'aurai même demandé d'organiser la mise en scène de nos obsèques sous une pluie d'été, lumière tamisée et la pierre tombale qui aurait dit « ils se sont aimés ». Tu vois, les gens n'auraient retenu que le passé. Notre avenir a péri dans les flammes imaginaires que l'on a eu tant de mal a rallumé du bout de nos allumettes trempées. A bout de souffle, au bout de nous. Mais tout ça c'est fait dans le silence. C'est bien aussi,mais ça fait moins film de cinéma où quand la romance se termine, on sort les trompettes, les violons mielleux, le piano qui pleure comme si les notes crachées battaient la mesure sur les sanglots, le rimmel qui coule, les voix qui s'élèvent, les assiettes qui se brisent, les draps qui se salissent enfin toute la panoplie d'une rupture réussie. On a fait ça dans la simplicité, dans un silence des plus complet comme pour entendre au mieux notre pouls commun s'essouffler et mourir au creux de nos c½urs séparés. Notre rythme cardiaque ne s'emballera plus l'un pour l'autre, on le sais bien. Je crois qu'on a perdu beaucoup de nos pulsations en chemin. C'est horrible comme quand je pose ma main sur mon c½ur, je ne l'entend plus frémir comme autrefois. Comme quand on court trop vite, que l'on a des frayeurs ou comme quand tu passais tes lèvres sur mon cou. Ca ne cogne plus du tout. Je le sens battre, c'est déjà ça mais le refrain sonne mauvais comme une bande originale d'un film américain niaiss sans violons, sans pianos. Juste un bruit indigeste qui donne envie de dire au c½ur d'arrêter ou de changer de musique, par pitié. Pour le moment, je crois que ma vie ressemble à un vieux vinyle rayé.

# Posté le samedi 06 décembre 2008 19:17

Modifié le mercredi 01 juillet 2009 23:20